Julieta – Pedro Almodóvar

Une nouvelle fois, Pedro Almodóvar nous plonge dans son univers de prédilection, celui des femmes et des liens fragiles qui les unissent. Il adapte ici plusieurs nouvelles d’Alice Munro, ce qui donne une grande densité de narration au film.

Julieta, la cinquantaine, s’apprête à quitter Madrid pour suivre son compagnon au Portugal où ils espérèrent  vieillir ensemble. Mais le passé la rattrape lorsqu’elle croise la meilleure amie d’enfance de sa fille, qu’elle n’a pas revu depuis des années, qui prétend avoir croiser cette dernière en Suisse…Propulsée dans ses interrogations et de nouveaux espoirs, elle abandonne son projet de voyage et se réfugie dans le passé en décidant d’écrire à sa fille le récit de sa propre vie. S’en suit alors une histoire gigogne qui mélange les époques et dresse le portrait d’une femme brisée par le drame.

On est ainsi vite emporté par le récit et la réalisation envoûtante du cinéaste. Les actrices y sont touchantes de beauté et de fragilité. Ainsi l’on passe d’une époque à l’autre par un jeu de morphing saisissant qui transforme une actrice en une autre. Malgré la noirceur du propos, leurs apparitions à l’écran reste lumineuses et colorées, élément caractéristique des films du réalisateur. Mais c’est également par la présence forte des lieux, très vite chaleureux et familiers, que le réalisateur nous plonge dans un univers émotionnel précis. Et c’est en cela que réside la force des films d’Almodóvar, un portrait coloré de sentiments sombres comme la culpabilité et la rédemption.

Il ne fait pas de doute que Julieta est l’une des meilleures illustrations du talent et de l’univers si particulier du réalisateur, malgré la noirceur du propos. Encore un joli portrait de femme(s)! Une vraie réussite à mon goût!

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