La grenouille avait raison – James Thierrée

Une nouvelle fois, James Thierrée nous fait partager des bribes de son univers…avec une volonté assumée de nous déstabiliser. Et c’est réussi! Comment vous décrire ici un spectacle qui se présente comme narratif (par une voix off et les chants de Mariama, chanteuse mystérieuse à la cape rouge) mais qui se perd dans des détails et nous emporte dans un monde inconnu et déstabilisant où les objets nous jouent des tours et où le corps se désarticule….

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Ainsi, l’artiste a choisi de transformer son titre d’origine Ficelle en une question qui invite le spectateur à s’interroger. Mais à tout questionnement une seule certitude, l’absence de réponse que revendique ainsi James Thierrèe:

« La grenouille avait raison. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Et ni les années qui passent, ni cette scène qui me hante joyeusement ne m’apprennent au fond pourquoi on fait ceci ou cela sur  ce grand bateau ivre que l’on appelle  théâ…  (ce mot a besoin de vacances). Pourquoi on accroche des fils aux cintres à jardin plutôt qu’à cour, pourquoi mon corps s’articule en général à l’envers du naturel, pourquoi ce qui est catégoriquement prévu rarement se réalise ?  Hein ? Et puis surtout pourquoi on imagine une histoire et on l’entreprend ? Je n’en sais rien.

Avec ce spectacle, il y a de minuscules mystères qui vont en avaler de grands, cela est clair.  On parlera par détour d’une créature souterraine qui, curieuse des hommes, leur fit confiance et fut trahie, son cœur brisé. On imaginera en représailles une fratrie kidnappée et emprisonnée, sous  la surveillance d’un kaléidoscope caractériel.  Et pour finir on trempera nos pieds fourbus dans le lavoir – ascenseur révélateur d’aspirations.

Je fais du théâtre pour ne pas avoir à expliquer ce qui remue à l’intérieur, plutôt  pour rôder autour. Donc rôdons si vous le voulez bien. Vivons ensemble, ici, quelques instants, des choses insensées qui ont peut être du sens, à l’horizon du bout de notre nez.

La grenouille nous le dira. »

Dans les bas fonds d’un Vingt mille lieux sous les mers, on assiste à un mélange de danse, d’arts du cirque, de numéros burlesques, de musique dans un univers éminemment poétique où se mêle humour et mélancolie. Alors passons nous d’explications et laissons nous porter et emporter…cela fonctionne si bien!!

160404-Carouge-James-Thierree-02-2000x3000Par chance si vous avez raté les premières représentations, La grenouille avait raison sera accueilli en octobre 2016 aux Célestins! Pour en savoir plus, c’est ici.

Et pour voir un extrait, c’est ici.

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