Niki de Saint Phalle au Grand Palais

affiche grand palais

Et non ! Niki de Saint Phalle ce n’est pas que les joyeux automates qui composent la fontaine Stravinsky, à côté de Beaubourg. C’est aussi une artiste femme engagée (l’un va-t-il sans l’autre ?) qui a fait de sa vie et de son œuvre une lutte contre la société dans laquelle elle a grandi. Et quand on sort de la projection de Bandes de filles on se dit que les mentalités n’ont pas encore beaucoup évoluées…

Après des débuts devant l’objectif dans la mode, NDSP n’aura de cesse de lutter contre cette image de la femme que la société bourgeoise, dans laquelle elle évolue, veut lui donner. Car dans son travail il est avant tout question de la place de la femme dans ce monde dominé par les hommes.

Les nanas : le pouvoir aux femmes 

Les « nanas » possèdent des formes généreuses, colorées, grandes (pour l’être plus que les hommes) ; Elles sont sexys et imposent une image puissante de la femme. Elles sont aussi souvent noires, en résonnance avec le Black Power, et dénoncent la ségrégation raciale comme Black Rosy, à l’image de Rosa Parks.

nanas

« Une femme dans la civilisation des hommes, c’est comme un nègre dans la civilisation des blancs ».

L’artiste qui tire : sa lutte contre la guerre

Pour dénoncer les guerres orchestrées par les grands dirigeants du monde, elle décidera d’utiliser le tir (à la carabine) comme outils de création. Ce qui lui vaudra d’être intégrée aux Nouveaux Réalistes en 1961.

King Kong

« En tirant sur moi, je tirais sur la société et ses injustices. En tirant sur ma propre violence, je tirais sur la violence du temps ».

Critique de la condition féminine : les mariées

 Avec ses Mariées et Accouchements, témoins d’un enfermement, d’une soumission, l’artiste s’attache ici à dénoncer la condition féminine dont a été victime les femmes de son entourage, et plus particulièrement sa mère.

« Je ne vous ressemblerais pas ma mère ».

Une mère qu’elle n’épargnera pas non plus lors de la création de ses « Mères Dévorantes », au travers desquelles elle rejoindra les réflexions d’Elisabeth Badinter sur l’amour maternel.

les mères dévorantes

Elle s’éteindra en 2002 en laissant derrière elle un de ses tous derniers projets : Le Jardin des Tarots en Toscane, grand parc inspiré de celui érigé par Güel à Barcelone, qu’il me tarde de visiter…

Au Grand Palais jusqu’au 2 février 2015

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